Carole Baillargeon

Artiste en résidence

Venez découvrir l'oeuvre de Carole Baillargeon, "Pollen en fugue", qui fait maintenant partie de la collection permanente du Domaine Forget de Charlevoix !

Depuis 2015, le Domaine Forget de Charlevoix vient à la rencontre de la sculpture. Inspiré, en partie, de jardins réputés tels que Storm King Art Center et Pepsico près de New York, le Jardin harmonique de sculptures adopte une dimension tout à fait singulière, alliant pendant le Festival d’été, la musique et la sculpture. Toujours dans le respect de sa mission, l’institution souhaite mettre en valeur son site unique par l’ajout de ce nouveau volet. Prèsde la moitié de la propriété est présentement exploitée et on y retrouve plus d’une vingtaine d’œuvres.


découvrez Carole Baillargeon

Carole Baillargeon est reconnue pour ses sculptures et ses installations; elle y parle de l'humain, de sa vulnérabilité et de son impermanence, dans une  pratique hybride en arts visuels avec des référents à la scénographie, aux métiers d’art et à l’artisanat.  Elle a reçu plusieurs distinctions et bourses dont le Prix du Rayonnement international en 2000, décerné par le Conseil de la culture des régions de Québec et Chaudières-Appalaches, et le Premier prix Ville de Québec de la Biennale Découverte en 1993 pour l’œuvre La main qui prend main, en montre en permanence dans le foyer du Palais Montcalm à Québec.

Carole Baillargeon, a été en résidence du 27 juillet au 8 août sur le site du Domaine pour compléter son oeuvre, "Pollen en fugue". Cette dernière s'est ajoutée à la collection permanente du Domaine Forget de Charlevoix.


ENTREVUE EXCLUSIVE AVEC CAROLE BAILLARGEON

Domaine Forget de Charlevoix : Comment avez-vous entendu parler du Jardin harmonique de sculptures ?

Carole Baillargeon : Ça fait un bon moment déjà que je connais le Domaine Forget de Charlevoix. Lors des tous premiers appels à dossier, il y a une quinzaine d’années, j’ai reçu une invitation pour soumettre un projet en tant qu’artiste. Mais étant à l’époque directrice d’une école, j’ai laissé passer l’opportunité en me disant que le moment serait plus propice une prochaine fois. Plusieurs années plus tard, l’opportunité s’est effectivement présentée de nouveau et j’ai eu le bonheur d’apprendre que ma proposition était acceptée.

 

DFC : Qu’est-ce qui vous a poussé à soumettre une candidature de résidence artistique ?

CB : Je gardais en tête depuis longtemps cette opportunité et lorsqu’elle est venue, j’avais justement en tête une image très forte : une envolée de pollen dont j’avais été témoin l’été d’avant et qui m’avait fortement inspirée. Ce projet était donc l’occasion idéale de concrétiser ma vision.

 

DFC : Quelle était votre proposition originale et quelles étaient vos motivations artistiques ?

CB : C’est justement ce souvenir d'une envolée de pollen dans une allée de grands pins qui est le point de départ de cette proposition sculpturale. J'ai cherché à matérialiser visuellement ce phénomène remarquable tout en m'inspirant du site exceptionnel qu'est le Domaine Forget de Charlevoix et de ses diverses activités. Le résultat prend la forme d'un conifère dont la partie supérieure est animée de lignes courbes qui expriment le mouvement. Celui du pollen, mais aussi le mouvement de la musique et de la danse.

 

DFC : Après être venue vous imprégner du site en 2019, quels changements ont été effectués sur la sculpture ?

CB : La proposition originale avait un élément sonore intégré, une sorte de cliquetis causé par le vent et certains morceaux de la sculpture. Pour différentes raisons techniques, j’ai retiré cet élément de l’œuvre finale. Ensuite, la forme supérieure de la sculpture s’est beaucoup aérée par rapport à la proposition originale pour donner davantage une notion de mouvement. C’était au départ une spirale compacte qui est devenue plus dégagée. Pour moi l’envolée de pollen rappelle aussi les envolées qu’on retrouve en musique ou en danse ; toutes des activités artistiques du Domaine Forget de Charlevoix. Ensuite, en me promenant près de la rivière Jean-Noël qui se jette dans le fleuve St-Laurent juste ici, à St-Irénée, j’ai lu sur un panneau explicatif qu’il y avait au tournant du 20e siècle trois moulins sur la rivière qui fabriquaient du bois de fuseau destiné aux usines de textile de la Nouvelle-Angleterre. C’était en fait la principale activité d’exportation du quai de St-Irénée. Étant moi-même une artiste des arts textiles, cette histoire m’a touchée, d’autant plus que plusieurs oncles et tantes de ma mère ont émigré aux États-Unis pour aller travailler dans ces usines de textile. Ceci explique que sur le cylindre de la sculpture, on y retrouve trois décalés travaillés à la gravure qui représentent le bois qui servait à faire les fuseaux. On peut ainsi faire le lien avec la structure du haut et celle du bas : la pièce est un enchevêtrement de fils provenant des bobines qui tournent et qui se déroulent, ou à l’inverse on y voit un amas de fils prêts à être enfilés sur les bobines. L’interprétation peut se faire dans les deux sens.

 

DFC : Quels sont les éléments uniques ou cachés qu’un visiteur pourra voir sur votre sculpture ?

CB : J’utilise souvent dans mes sculptures des objets existants et je fais ce que j’appelle du « détournement ». Je prends des objets du quotidien et je m’en sers comme matière; j’ai notamment travaillé le liège, le denim, des boutons… Pour Pollen en fugue, j’ai utilisé des serre-câbles qui servent normalement à mettre en tension des câbles d’aluminium, mais qui sont ici détournés de leur fonction principale pour plutôt adopter une fonction esthétique. Étant en acier inoxydable, ils ne terniront pas avec le temps. C’est donc un clin d’œil à cette technique que j’utilise souvent.

 

DFC : Comment voyez-vous le développement du Jardin harmonique de sculptures ?

CB : Je souhaite au Jardin harmonique du DFC de continuer son acquisition d’une sculpture par année, qu’il continue ses partenariats et qu’il continue d’héberger des sculptures prêtées par de grandes collections. Ensuite, il y a tout un travail d’interprétation et d’animation qui peut être développé, notamment par des parcours avec différentes thématiques, qui je pense pourraient attirer le public. Je souhaite que cet endroit soit plus connu, qu’il rayonne encore plus.

 

DFC : Quels sont vos prochains projets ?

CB : J’en ai plusieurs ! Je travaille notamment sur un projet qui s’appelle Ainsi…. C’est un travail que j’ai amorcé il y a cinq ans environ, qui comporte maintenant plus de 250 éléments. Je travaille souvent sur de longues périodes, comme pour le projet « Paysages-Vêtements » qui a duré 15 ans. Cet automne, je produirai une monographie sur l’exposition d’Ainsi…qui a été en tournée dans plusieurs lieux et qui sera bientôt présentée à Gatineau. Elle est composée de 3 corpus : Éprouvés, Endeuillés et Résilients. Le sujet en est les hauts et les bas que nous vivons à travers les épreuves que la vie nous apporte. Ensuite, je suis en train de travailler sur un nouvel ensemble qui s’intitule Mouvance Humaine. J’ai reçu une bourse du Conseil des art et des lettres du Québec l’année dernière pour faire de la recherche et création dans le cadre de ce projet. Je travaille plus précisément avec des teintures et les encres naturelles ; c’est absolument fascinant. Au départ, le thème de la migration m’interpellait beaucoup, mais puisque beaucoup d’artistes l’ont exploité, j’ai décidé de l’ouvrir plus largement pour susciter de la sympathie envers les migrants, via notre propre mouvance. Cette mouvance, nous en vivons tous, tout au long de notre vie. Par exemple, quand une personne ainée quitte sa maison pour aller vivre en résidence, c’est une mouvance importante. Quand on change d’emploi, de ville, de région, c’est aussi une mouvance. Pour les migrants, en plus, c’est une mouvance forcée, d’où mon désir de susciter cette sympathie. Je trouve que les teintures naturelles sont des plus intéressantes car justement, elles sont intimement reliées au territoire.

 

DFC : Où peut-on retrouver vos autres sculptures d’art public ?

CB : Une de mes sculptures, qui est en fait paradoxalement aussi un arbre, est située dans la ville de Québec, au coin des boulevards Masson et Père-Lelièvre. Ça représente un saule blessé. Les saules ont tendance à casser facilement et ensuite bourgeonner aux endroits abimés. Mes autres œuvres sont situées dans des lieux intérieurs : une est dans le hall d’entrée du Centre de production artistique et culturel Alyne-Lebel de Québec, une est dans la bibliothèque Shannon et une autre dans l’école secondaire Vanier à Québec. Finalement, deux de mes œuvres sont exposées au Théâtre Périscope à Québec : on y trouve une œuvre gravée sur les fenêtres et un ensemble sculptural dans le hall d’entrée.

 

 

5, rang Saint-Antoine, C.P. 672
Saint-Irénée (Québec)
G0T 1V0 Canada
T. 418 452-8111
F. 418 452-3503

info@domaineforget.com

Laureat Opus

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